Cash Pooling : une nouvelle corde à l’arc des trésoriers pour faire face à la mondialisation

 

La mondialisation des échanges et l’accroissement de la concurrence internationale, notamment celle des pays émergents, internationalisent de plus en plus la trésorerie des entreprises et sa gestion. Cette nouvelle donne, et les enjeux sous-jacents en termes de réactivité et de souplesse  financière, impactent en profondeur le rôle des trésoriers Groupe : ils étaient garants de la bonne santé et de l’équilibre global de la trésorerie consolidée au niveau central, il leur est de plus en plus souvent demandé d’arbitrer les performances des filiales en matière de trésorerie pour assurer leur compétitivité sur les marchés locaux, en leurs donnant les moyens d’investir rapidement par exemple. La fonction de cash pooling, ou gestion centralisée de trésorerie, rajoute donc désormais une corde à leur arc.

Pas d’adhésion des filiales sans politique de communication

Mal vu de certains organismes financiers qui y voient un manque à gagner, mal vu de certains états qui y voient des prêts déguisés échappant à la fiscalité, le cash pooling est également mal vu de nombreuses filiales qui y voient un moyen de contrôle supplémentaire !  Le Trésorier doit donc en sus endosser un rôle d’ « homme de communication » auprès de ces dernières, pour promouvoir, via une politique de communication efficace, les avantages du cash pooling : améliorer la gestion et le rendement de la trésorerie de l’entreprise (bénéfice central), mais aussi éviter à certaines filiales des soldes négatifs, donc le paiement d’intérêts débiteurs élevés, rendre enfin les filiales plus attractives (c’est à dire solvables) aux yeux des organismes financiers prêteurs, en cas de projet à financer.

Parcours du combattant pour le trésorier groupe

Une fois l’adhésion de principe obtenue, mettre en place le cash pooling passe par plusieurs étapes préparatoires : analyser les besoins, désigner une banque centrale (pour les transferts de fonds – le multi-bancaire est déconseillé mais possible…), désigner une société pivot (pas nécessairement le siège, même si certaines banques l’exigent ), définir le périmètre du cash pooling (pour quelle taille de filiales, sur quel types d’excédents…), signer des conventions de trésorerie entre siège et filiales et analyser l’environnement bancaire de chaque filiale. A la tête de ce parcours du combattant : le trésorier groupe.

Méthode manuelle fastidieuse versus sous-traitance bancaire

Un parcours passant aussi par le choix de la méthode de mise en œuvre du cash pooling. Trois sont possibles. La méthode manuelle, consistant pour le trésorier à effectuer chaque jour les virements depuis les comptes dans le périmètre du cash pooling, vers le compte centralisé. La méthode est évidemment fastidieuse, risquée car reposant sur l’humain, coûteuse en proportion des opérations interbancaires facturées, et casse-tête dans la gestion des dates de valeur. Nombre de groupes lui préfère évidemment la méthode dite « automatique » : elle consiste à confier à la banque centrale choisie pour le cash pooling (d’où l’intérêt de son unicité) le nivellement des soldes, via des mécanismes automatisés, programmés en fonction des taux pratiqués dans le groupe, autorisations de découvert éventuelles, conditions de valeurs… Le coût peut être négocié de façon forfaitaire.

L’alternative SaaS pour plus d’autonomie et de souplesse

Une troisième méthode existe, qui cumule les avantages des 2 autres : automatisée, elle permet au trésorier de garder la main pour  facilement ajouter « manuellement » une filiale (suite à croissance ou rachat de cette dernière) dans son périmètre de cash pooling, par exemple, ou modifier des règles. Cette méthode consiste à s’abonner à une solution de cash pooling en mode SaaS (il n’y a alors pas d’installation de logiciel à faire), qui intègre également une plate-forme de communication bancaire (ce qui est le cas de l’offre de Kyriba, par exemple). Le trésorier personnalise ses automatismes de compensation entre comptes et peut, sans souci, choisir plusieurs banques « centrales ». À noter enfin, il peut disposer de tableaux de bord décisionnels pour piloter intelligemment son cash pooling.

Date: 
2 janvier 2013